24 novembre 2009
SOI ET RÊVERIE (réponse à Ginou)
Bonjour Monko, bonjour à tous,
Hier soir, en lisant un texte de Francis Lucille à la fin duquel il parle des pensées : pensées pratiques, pensées relatives au Soi et pensées venant de l'ego, je me suis posée la question suivante : Francis Lucille dit que ces dernières voilent le Soi, d'accord, mais sont-elles un frein, un obstacle à la réalisation du Soi ? Je m'explique : ici je fais principalement référence aux rêveries dont je suis coutumière. Mais si, il n'y a pas si longtemps encore, je les prenais pour réelles, aujourd'hui je sais qu'elles ne sont rien d'autre que des histoires que je me raconte, je ne m'identifie plus à elles qu'au moment où elles apparaissent. Dès que je décide de sortir de mes rêveries, l'identification disparaît. C'est un jeu auquel je joue, comme un acteur le ferait d'un personnage de théâtre : sitôt qu'il est sorti de scène, le personnage s'efface et il redevient lui-même. S'il n'y a plus aucune identification à ces pensées-là, est-il tout de même nécessaire de les éviter ?
Amitiés Monko, amitiés à tous !
Ginou
Bonsoir Ginou; tout d'abord, bien sûr que les pensées venant de l'égo, si elles ne peuvent atteindre la Conscience, sont un obstacle à sa réalisation car leur source est l'ignorance même. Comment l'ignorance pourrait-elle en elle-même, par elle-même atteindre la réalisation, comprenant que la réalisation est la dissolution de cette ignorance? Ce qui vient de l'ignorance ne contient pas la lumière...
Concernant la rêverie: dans l'ignorance de notre véritable nature, nous passons notre vie à nous raconter des histoires, à tenter de nous inventer; nous nous fantasmons, nous projetons dans l'espace-temps. La pensée "je" apparaît, nous nous soustrayons à un mouvement de saisie de cette pensée, par paresse et ignorance, et nous laissons le flot de pensées issues de cette pensée-racine nous raconter une histoire, liées à la mémoire, à la peur, au désir...A cet instant, le ciel est voilé car nous nous sommes constitués nuage... Ces rêveries paraissent anodines, mais elles signent notre paresse, notre manque de vitalité, d'intensité, de clarté, de présence, etc... Rien de grave, c'est parfait en soi, nous n'avons aucun devoir à accomplir. Mais, avec un peu d'acuité, nous voyons clairement qu'au sortir de ces rêveries, nous avons vécu une parenthèse, un instant de non-soi et bien souvent nous en sortons privés d'une certaine énergie (fatigués) car l'identification en consomme énormément pour se maintenir. Donc, avec un peu de clarté et l'information que nous avons reçue concernant notre être véritable, nous commençons à ne plus croire aux histoires qu'on se raconte parfois et petit-à-petit elles s'épuisent, notre appétit pour cela chute alors que croît notre appétit pour le Soi, la clarté, la lumière.
Donc, quand tu dis que tu sors de ta rêverie quand tu le décides, je dirais plutôt que tu en sors à l'instant ou l'intérêt pour les histoires que tu te racontes chute, lorsqu'apparaît la fatigue pour ce qui est fatigant, relayée et soutenue par le parfum et la grâce du Soi. Il n'y a personne pour jouer le jeu dont tu parles et personne pour le stopper ou en sortir. Je le répète, à mesure que notre appétit pour le Vrai, le Vivant croît, ce jeu cesse petit-à-petit de nous passionner.
Il n'y a rien à éviter; simplement, lorsque la pensée "je" est vue sur l'instant et laissée à la liberté de son mouvement, jusqu'à sa dissolution, la rêverie ne se présente tout simplement plus. S'il y a rêverie, il y a identification, implication dans un flot de pensées, sensations et perceptions. Sans cette implication, le flot n'est plus alimenté et ne peut se maintenir bien longtemps. Mais tant que nous trouvons un intérêt dans ces histoires, la rêverie se représentera. Mais l'important est de voir que ces histoires ne sont pas notre vraie nature, et que le rêveur n'est qu'une partie du rêve. On laisse simplement passer tout cela, car leur nature même est passante...
Si tu veux poursuivre...
A bientôt Ginou, amitiés.
23 novembre 2009
SUR LA MORT bis (réponse à Jean-Claude)
question sur la mort
Bonjour Monko,
Si le corps physique représente la "cristallisation de l'égo", il apparaît que la disparition du corps physique (la mort )n'entraîne pas nécessairement la disparition de l'égo ??? Se "débarasser du corps physique" ne suffit pas pour se débarasser de l'égo !!!
merci de m'éclairer
bonne journée
Jean-Claude
Bonjour Jean-Claude, remettons tout de suite les choses à leur place: je n'ai jamais dit que le corps physique était la cristallisation de l'égo. Vois que l'égo en soi est déjà une cristallisation: il y a pensées et sensations, lesquelles sont totalement fluctuantes, mouvantes, impersonnelles et insaisissables. Une certaine partie de ces pensées, relayées et appuyées par un ensemble de sensations corporelles, semblent être attachées à une histoire personnelle, c'est-à-dire à la mémoire. La pensée "je" apparaît, il y a saisie, et tout cet ensemble fluctuant est comme paralysé, on en constitue un bloc avec une belle étiquette et on dit: ça, c'est moi, mon corps, mes pensées, mon histoire, etc... De même, le corps physique existe peut-être sur un certain plan, comme le monde physique; mais sur le plan de l'expérience, qui nous intéresse, c'est un concept, lui-même venant de la mémoire, de l'image que renvoie le miroir, bref, une expérience de seconde main, c'est-à-dire pas une expérience du tout, pas une expérience vivante. Ce qui est vivant, en l'instant, c'est la sensation, qui est, si tu veux, le langage du corps. Elle est le corps même: lorsque la sensation est totalement absente, l'expérience du corps est absente. Mais cet ensemble sans cesse fluctuant est ramené à la pensée, à la mémoire, on en fait un bloc étiqueté "corps", puis "mon corps" et tout simplement "moi". Nous ne cessons de vivre gouvernés par les concepts, tels que corps, mental, monde, égo. Et même Soi, non-dualité, Dieu, etc.etc... Tu vois ce que je veux dire?
D'autre part, se débarrasser du corps physique ne garantit absolument pas de se débarrasser de l'égo! On peut dire, si tu veux, qu'ils n'existent pas sur le même plan. Le corps physique est un véhicule totalement impersonnel, attribut de l'intelligence: il apparaît quand la situation l'exige, quand le besoin s'en fait sentir. Il est lui-même le Soi. Si tu as besoin d'aller chercher ta baguette, tes jambes s'activent, sans qu'une volonté personnelle soit à l'oeuvre, et il n'y a aucun problème. Mais quand on dit "mon corps", c'est autre chose, c'est à un fantasme que nous faisons référence, à une image, une pensée, un concept. Ce corps-là n'existe que dans l'imaginaire, et lui est un problème car il y a en lui une très forte implication psychologique puisque nous le définissons comme soi-même (et de son état dépend notre bonheur). L'égo est une construction (branlante), impliquant pensées et sensations. La seule manière de se débarrasser de l'égo est de le voir, d'en connaître la source, bref, la connaissance de soi, qui est la mort définitive, dans le "vivant", sans "espoir" de retour. Aussi, d'un certain point de vue, il est inutile de vouloir se débarrasser de l'égo: qui le voudrait? (sinon l'égo?), mais de connaître notre véritable Soi qui signe la fin de son règne illusoire. A cet instant l'égo comme fausse connaissance tombe et ne demeure plus, épisodiquement, qu'une forme d'identité totalement fonctionnelle à laquelle il n'y a aucune identification...
Amitiés Jean-Claude.
22 novembre 2009
LA MORT EST UN CONCEPT (réponse à Marie)
"Si la peur est un fait, la mort, elle, est un concept"...
Bonsoir Marie; en fait, tout est concept, sauf ce qui perçoit en nous et qui ne peut jamais en devenir un et qui est la vie, le vivant même. Ainsi, lorsqu'on dit "j'ai peur", on s'enferme dans un concept, on cristallise tout un tas de phénomènes sans cesse mouvants que l'on tente de s'approprier en disant: tout ce package, là (sensations, émotions, pensées...) = Peur. De plus, nous ne voyons pas que le "je" qui a peur n'est ni plus ni moins qu'une partie du paysage, une pensée/sensation faisant partie du package: c'est la peur qui a peur; Toi, tu ne peux jamais avoir peur. Mais en disant "j'ai peur", nous refusons en fait ce qui est, nous ne restons pas présents au mouvement (des pensées, des sensations) et en le cristallisant dans une boîte hermétique nous ne lui permettons pas de se libérer dans notre espace d'accueil incorruptible, et nous ne permettons pas au mouvement de nous révéler cet espace. "J'ai peur" est un mécanisme de défense induit par l'agression même, les 2 étant totalement interdépendants.
Ce qu'il importe avec la mort, c'est que tu ne peux jamais expérimenter la mort de ce que tu es: Conscience. La Conscience ne meurt pas, elle ne naît pas, elle n'apparaît pas, ne disparaît pas... Ce dont nous avons l'expérience, c'est de l'apparition et la disparition de pensées, d'émotions, de sensations, de perceptions, qu'en conceptualisant nous appelons tour à tour mental, corps, monde. Et effectivement, à chaque instant, le corps, le mental et le monde ne cessent d'apparaître et de disparaître; et le moi pour lequel on se prend, puisqu'il fait partie de cet ensemble fluctuant, ne cesse aussi d'apparaître et de disparaître, de sorte que pour lui les mots naissance et mort semblent avoir un sens. Mais qu'en est-il de Toi qui observe toutes ces allées et venues? Apparais-tu et disparais-tu? Disparais-tu quand le corps et le mental s'endorment le soir et apparais-tu lorsqu'ils se réveillent le matin? Qui naît et qui meurt?
Bonne soirée Marie
Amitiés.
21 novembre 2009
LIBRE-ARBITRE / PECHE ORIGINEL (réponse à Ginou)
Bonjour à tous,
Merci Gabriel pour ta réponse à mon commentaire précédent, et merci à toi Monko, pour celle-ci.
Tu parles du libre-arbitre : à qui appartient-il ?
Ma seconde question n'a rien à voir avec ce qui est écrit plus haut, mais j'aimerais savoir ce qu'on entend par "péché originel" ?
Amitiés Monko, Marie et Gabriel ! A bientôt,
Ginou
Bonjour Ginou,
Le libre-arbitre est l'exercice de ce que tu es: liberté. Identifiée à un moi imaginaire, tu te connais comme un objet fini, et tu perds ton libre-arbitre car alors tous tes choix seront ceux de ton histoire, de tes conditionnements, de tes peurs, etc...; tu es gouvernée. Non identifiée, dégagée de cette histoire, de ces peurs, tu n'es que liberté. Lorsqu'une activité vient directement de cette liberté, le parfum en est tout de suite détecté: tu es toi-même surprise de l'action que tu vois clairement ne pas émaner d'un moi personnel; cette action est dénuée d'intention, de but même. Elle vient de la liberté et la manifeste. Autrement dit, ce libre choix n'apparaît à personne et n'appartient à personne, il est l'expression pure du Soi, de la tranquilité, de l'esprit inconditionné, de l'amour.
Ce que n'est pas le pêché originel: une faute. Une faute impliquerait un fautif, lequel est introuvable. Il n'y a pas de faute dans ce que l'on appelle création. Aussi, cette compréhension d'un pêché originel, souvent conduite et induite dans les religions, ne fait que renforcer la croyance en un moi libre de choisir, en un moi séparé capable du bien et (coupable) du mal, de la faute et de la justice, du châtiment et de la louange. Ceci est absurde et ne résiste pas à la lumière de l'expérience.
En revanche, il y a le constat de la souffrance, et il convient d'en découvrir la cause véritable, perdus que nous sommes dans ses effets. Et la cause est dans l'ignorance, dans une erreur de vision, de compréhension, d'interprêtation. Je me suis pris à tort pour quelqu'un, pour un égo pensant et agissant, décidant, maître de mon destin. Plutôt que d'accueillir le monde dans mon jardin, j'ai délaissé mon royaume pour me constituer prisonnier du monde, de mon fantasme. Je me suis perdu, j'ai laissé ma pauvreté infinie au profit d'une illusion de richesse limitée. Je me cherche une place quelque part alors que je ne suis ni d'un temps ni d'un espace, en lesquels toutes les places apparaissent.
Vois bien ce qu'est l'identification, à chaque instant. Le pêché originel s'élève à chaque instant... C'est un mouvement, un mouvement de saisie qui implique le mental et le corps, tous deux tendus vers, comme l'enfant est toute la nuit tendu vers les cadeaux sous le sapin qu'il ne pourra découvrir qu'au petit matin, alors qu'à l'instant du coucher les cadeaux ne sont qu'un fantasme. Il est en tension, en souffrance, totalement déraciné. Ceci n'est pas l'exclusivité des enfants... Laisse les cadeaux venir à toi sans t'en préoccuper, demeure ce que tu es, pur être "sans demeure". (car demeurer ce que nous sommes n'est pas stagner, ce qui est un état mental).
A bientôt Ginou
Amitiés
ps: il me semble que tu as créé ton blog, bon vent à lui; je n'ai malheureusement pas le temps de me balader à droite et à gauche sur le net, et surtout de m'y attarder...
L'EFFORT (en réponse à Gabriel)
Bonjour Monko, bonjour Marie, bonjour Ginou,
je me permets une citation un peu longue de Ramana Maharshi qui vient en réponse à la question qui émerge de la dernière phrase de Ginou :
"La Conscience dénuée d'effort et d'intention est notre vraie nature. Si nous pouvons atteindre cet état et y demeurer, c'est très bien. Mais on ne peut y accéder sans effort, celui de la méditation délibérée. Toutes les vasanas séculaires (les tendances inhérentes) dirigent le mental au-dehors vers des objets extérieurs. Il faut renoncer a pareilles pensées et tourner le mental au-dedans, ce qui, pour la plupart des gens, nécessite des efforts. Bien sur, les instructeurs et les livres recommandent tous de demeurer en repos, mais ce n'est pas facile a réaliser. C'est pourquoi tous ces efforts sont nécessaires. Même si nous trouvons quelqu'un qui est parvenu a ce suprême état de repos, vous pouvez en conclure que les efforts nécessaires ont déjà été accomplis dans une vie précédente. La Conscience dénuée d'effort et d'intention n'est donc atteinte qu'après une méditation délibérée."
Ramana
et une autre, plus courte mais éclairante aussi :
« La Grâce divine est essentielle à la Réalisation. Elle conduit à la réalisation de Dieu. Mais une telle grâce n'est accordée qu'aux dévots sincères ou au yogi qui a travaillé avec acharnement et sans répit sur la voie de la liberté. »
Sans doute, Ramana adaptait son enseignement aux personnes qui venaient le voir ; sans aucun doute nous devrions pouvoir abandonner complètement l'illusion là, ici, à l'instant où l'on parle, et réaliser le Soi sans aucun autre effort.
Mais qui est capable de cela ?
Tant pis je lance une esquisse de réponse : tous nos efforts actuels porteront leur fruits dans le futur, même si ce futur n'existe pas. Et même si nous n'avons que d'une chose à nous préoccuper : ce qui émerge ici, dans l'instant.
Andrew Cohen parle d’approche héroïque de l’éveil et de la conscience, car il s’agit d’affronter nos paresses et nos peurs, de dépasser nos conditionnements.
Et sans aucunement verser dans une (même subtile) autosatisfaction du chercheur spirituel, je ne puis que me répéter inlassablement le sentence du Zen : Avance !
Amitiés à vous tous
Gabriel
Bonjour Gabriel,
En réalité, l'effort est soutenu, sous-tendu par notre intérêt, lequel est soutenu par la grâce qui est pur "sans-effort". L'effort n'est qu'esclavage si la compréhension ou le pressentiment du sans-effort est absent. Alors, l'effort est vécu comme totalement impersonnel et est lui-même grâce, sans effort...
Néanmoins, tant qu'une implication dans les vertus de l'effort est présente, nous n'avons pas le choix, nous devons le poursuivre jusqu'à épuisement. Enfin, cet épuisement est la tranquilité même qui s'accompagne de la vision-compréhension qu'il n'y avait jamais eu personne pour s'efforcer. Qu'en est-il alors de l'effort lui-même?
Quant à ce dont nous devons nous préoccuper, cher Gabriel, je dirais plutôt que c'est de ce qui n'émerge jamais. Ce qui est vraiment, c'est Cela; ce qui émerge dans l'instant n'est que prolongement de Ce qui est vraiment et qui n'émerge ni ne stagne. Ce qui émerge ne peut en soi nous y conduire; mais la vision globale et détachée de son mouvement, de sa respiration peut, dans son extinction, nous laisser dans le Soi, comme la fin de l'expiration nous laisse dans un instant de suspension qui est silence-tranquilité, lequel est pure présence, pendant la totalité du cycle de la respiration...
Amitiés.
20 novembre 2009
LE MENTAL
Bonsoir Marie, bonsoir Monko,
"Je me sens comme un ivrogne qui aurait déja but plus que son compte et qui au milieux de ses vomissures, boit encore et encore cherchant l'ivresse et ne la trouvant pas, ne veut pas s'arrêter.", je n'aurais pas su décrire ce qui se passe en moi de cette façon-là, mais ça y ressemble fort. Le mental ne veut pas lâcher, et en même temps, je sais parfaitement que quand il s'emballe il ne tient qu'à moi de le calmer. Effectivement, dès que je décide d'arrêter les pensées, notamment les idées noires, toutes les tensions se dénouent instantanément, la paix et le sourire reviennent aussitôt. En fait, le mental est un peu comme un jeu maintenant, que je peux prendre ou laisser quand bon me semble, ou presque. Il peut me falloir du temps pour voir que mon mal être vient de lui.
Oui, il parait que voir la Vérité c'est une "révolution intérieure", une "révolution/révélation". Mais je ne sais plus qui je lisais hier, qui disait qu'avant d'y arriver, il fallait beaucoup de temps parfois, pour "faire le ménage" en soi, éliminer tout ce qui n'est pas nous, toutes nos fausses idées, tout ce que nous avons appris, etc... et que c'est seulement quand tout cela est parti, que nous pouvons la voir. Pourtant, d'un autre côté, on nous dit que c'est possible immédiatement, sans qu'on n'ait rien à faire puisque nous sommes la Vérité...
Amitiés à vous deux !
Ginou
Bonjour Ginou, il ne s'agit pas d'attendre que le monde ait pris les meilleures dispositions à notre égard pour réaliser ce que nous sommes, et encore moins oeuvrer pour le transformer. De la même manière, il n'y a fondamentalement rien à changer du point de vue du mental ou du corps. Quand tu dis que le mental ne veut pas lâcher, c'est en fait Toi qui ne veut pas lâcher, c'est ton libre arbitre qui est en jeu; le mental n'est qu'un outil qui n'a aucune liberté et que notre ignorance nous fait prendre pour "soi-même". Le mental n'a rien à lâcher, ce n'est pas en son pouvoir, et la perspective d'un mental qui doit lâcher est un manque de clarté... De même, arrêter les pensées n'est que le fruit d'une autre pensée, du "je", du contrôleur; et ceci ne fait que maintenir son règne. Il n'y a pas de mental en dehors des pensées, et il n'y a pas non plus de penseur. La pensée apparaît de la liberté pour y retourner sans jamais l'entraver. Le mental nous semble être un obstacle parce que nous le voyons avec...le mental. En fait, nous ne le voyons pas, nous le pensons. C'est clair? (...) A l'instant même ou réellement nous le voyons, à l'instant où nous percevons la pensée, elle est objectivée, mise à sa juste place, nous en sommes dégagés, de fait. Voir est liberté, comprendre est intégrer. Autrement dit il n'y a ni à poursuivre les pensées ni à les stopper, ni à agir d'une quelconque façon sur le mental. Elles apparaissent spontanément en nous qui en sommes libres. Notre mal-être ne vient pas du mental mais de l'ignorance, de notre identification à un non-soi qui n'est que limites, conditionnements.
Bien sûr, la révélation est une révolution, mais uniquement du point de vue de ce qui peut être révolutionné: le mental. Car du point de vue du Soi, le concept de révolution est absurde; Il a toujours été cela, tel quel. Une révolution se joue dans notre éternelle tranquilité immuable, et nous pouvons dire pour témoigner de cette révolution: j'ai toujours été Cela, rien ne s'est jamais vraiment passé.
Amitiés Ginou.
18 novembre 2009
LE CONTROLE (réponse à Gabriel)
Contrôle
Bonsoir Monko, bonsoir Marie,
une fois de plus, après tous les oublis et les manquements à la vigilance de la journée, je goûte au plaisir du retour ici, comme une métaphore du retour à la maison.
Dans le même temps,et c'est aussi un plaisir, chaque message envoyé oblige à ciseler sa pensée, à la maintenir à l'altitude requise afin de poursuivre l'échange entrepris. Chaque mot doit prendre sa juste place et être choisi avec soin, même si fatigue de fin de journée pointe parfois son nez.
Bref, merci de l'existence de cet espace d'échanges.
Ceci étant dit,une question émerge ces derniers temps, et elle est apparue plus clairement à la lecture de tes mots Monko : "Le paradoxe, et le conflit, sont même un mode inévitable du fonctionnement du mental car n'étant qu'une partie, il n'a pas accès à la globalité. Aussi a-t-il besoin sans cesse de conclusion, de savoir, de contrôler."
Ma question porte sur ce dernier point, le contrôle.
Que peut être une vie sans contrôle ?
Est-ce ne plus attendre de résultats à ses actions, ou ne rien anticiper ?
Quelle saveur prend alors la vie ?
Merci de ta réponse.
Amitiés
Gabriel
Bonsoir Gabriel; voyons tout d'abord que le désir ou le besoin de tout contrôler vient de la peur. Le moi, qui n'est pas une existence en soi, est sans cesse en danger. Et principalement, il se sait mortel. De cette peur fondamentale (à laquelle se greffent d'autres expressions telles que la peur de manquer et plein d'autres) naît tout un tas de systèmes de défense et la psychologie apparaît, et avec elle tout un monde sensoriel à la fois lui faisant écho et l'appuyant. Ainsi ce moi psychologique, qui est un objet, n'a pas d'autres choix que de se tourner vers les objets et de "dealer" avec: on saisit ou rejette, on aime ou déteste, on accueille ou refuse, etc... Bref, négociations et conflits. Tout ceci est de l'ordre du contrôle, de la volonté d'arranger le monde à notre convenance; et ce contrôle n'est que violence, un viol de l'ordre des choses, de la beauté des choses. Et ce faisant, on ne contrôle strictement rien, à commencer par soi-même.
Lorsque, dans notre présence bienveillante, nous laissons tout cela se reposer et se consumer dans le coeur, nous nous permettons la beauté et l'extraordinaire surprise de réaliser que les choses se contrôlent sans nous, le monde devenant un théâtre qui se joue en nous, pour nous. Ainsi nous pouvons vraiment jouir du monde, étant totalement dégagés de toute attente, de tout projet, il n'y a plus personne pour attendre quoi que ce soit du monde. Alors la vie prend sa totale et pleine saveur, celle du Soi lui-même, car le monde n'en est qu'un prolongement. Le Soi est le pur Contrôleur impersonnel; mais ce contrôle ne vise aucun but, n'est motivé par aucun profit, il est le support absolument aimant de toute chose. La vie devient une véritable bénédiction, ayant perdu tout sens, toute direction, toute implication en elle étant consumée.
Dis-moi si nous devons poursuivre!
Amitiés.
LE BONHEUR (réponse à Marie)
Coucou Monko,
Oui s' éprouver sonne comme une mise à l' épreuve, une violence en somme, je vois le processus duel mis en oeuvre par le mental en quête de preuves. Ah ça fait du bien de t' entendre dire: "Y a t-il un moment où tu n' es pas."
Oui bien sûr qu' il y a insatisfaction doublée d' une peur ENORME. Et sans doute, plus subtilement, le mental cherche à y échapper. En Intellectualisant, en philosophant.
Et, ho merci de rappeler que la vigilance est sans effort! Que la distraction est induite par le manque, la souffrance, l'insatisfaction et que le recours à la psychologie n' est qu' une compensation médiocre qui n' amène jamais à la plènitude de l' instant.
Le désir racine: " je veux le bonheur intégral ", si on ne lui octroie aucune compensation, aucune béquille intellectuelle, psy, philoso, spirituello-religieuse ritualisée et dévotionelle, nous mène-t'il à la présence-vigilance, la plénitude de l' instant ? Jean Klein dit bien que tout désir pointe vers la source d'où il est venu et où il veut retourner. Je comprends bien qu' aucune volonté n'est possible, la volonté étant l' ego etc... Mais cette instabilité mentale qui fait chercher des solutions, c'est comme une manie, un tic, une habitude, une intoxication qui revient, revient, revient. C'est sans doute que tout ça n' est pas totalement compris, non pas intellectuellement mais organiquement ?
Je ne savais même pas que j'me posais toutes ces questions ?
Bonne journée messager du Soi.
Marie.
Bonsoir Marie, si nous regardons bien, le désir-racine est le désir de ne rien être, le désir d'un état absolu sans désir. Ce état sans désir est, bien souvent inconsciemment, ce que nous visons à travers la plupart de nos activités. Ainsi, même à travers le désir plus ou moins compulsif de sexualité par exemple, qui est une forte tension, ce que nous désirons par-dessus tout est cet état de béatitude qui est la conséquence de la chute (temporaire) de notre tension causée par l'orgasme, la délivrance. Ignorant ce mécanisme, nous reportons la cause de notre bonheur présent dans l'acte sexuel même, dans l'objet et même dans le désir et la tension eux-mêmes! La connaissance intuitive de notre bonheur est là, mais nous laissons le mental divaguer à ses interprêtations qui sont toutes motivées et vouées au maintien de son règne. Pourtant, nous ne connaissons pas de plus grande paix que lorsque le mental et le corps se résorbent totalement en nous, comme c'est la cas pendant le sommeil et dont la promesse donnée par la période de l'endormissement nous révèle déjà...
Autrement dit, tout désir pointe le non-désir, notre présence silencieuse dégagée de toute tension, de toute intention, de tout projet, de toute attente, du temps, du profit, etc... Aussi, profondément, le sage puise-t-il sa satisfaction, son bonheur dans le Soi; et le désir psychologique, compulsif ne s'élève plus; seul un désir dégagé de toute visée ou intention peut se manifester, portant en lui le parfum et le silence du Soi. Ce désir est célébration, l'objet du désir n'étant plus qu'un prétexte, néanmoins lui-même expression du Soi.
Le mental n'est ni le centre ni la circonférence de notre être, de notre vie. Pourquoi lui donner l'exclusivité? Il est un simple outil, fort utile, pour "gérer" mille choses mais il ne peut "atteindre" la Compréhension ultime car il n'en est qu'une expression. Ainsi le mental ne connaît rien, il est connu, même chose pour le corps. Ce sont, dans notre perspective, disons, pédagogique, des objets de perception. Et qui perçoit? TOI. Mais voilà, ce Toi n'est pas un objet, il ne peut jamais être perçu. Si c'était le cas, il serait devenu à son tour un objet (mental) de perception, lui-même apparaissant au connaisseur éternel que tu es. Et Cela est pure tranquilité, une joie sans égale...
Bonne soirée Marie
A bientôt.
17 novembre 2009
VIGILANCE et autres aspects (réponse à Marie)
vigilance
Passionant et révélateur cet échange bien que je ne soit pas sûre d' avoir tout intègrer. Le paradox mis en lumière à propos du Soi qui veut s' épprouver lui même, du fait qu' il soit à la fois le rien du tout et le tout du rien et ni rien et ni tout. J' ai l' intuition en vous lisant que si on peut rester tranquile avec le paradox sans l' expliquer et encore moins le justifier, juste dans l' entrebaillement ouvert-ouvert du paradox, la question reste ouverte sans conclusion. Ben ça me parait être ça la vigilance ? Rien ne fini, rien ne commence et ça c' est l'instant. Et c' est ce qui se donne à vivre dans la pratique du Yoga que transmetait Jean Klein, oui, ne pas attendre du Yoga l' éveil ou de rien d' autre d' ailleur. Pas de but. Mais n' empêche que l'attention portée aux perceptions du corp amènent à voir que l' on est pas le corps-pensée et à se maintenir sans éffort et dans la grâce dans la vigilance.
MERCI.
Marie.
Bonsoir Marie,
Si on dit: le Soi veut s'éprouver, le Soi ceci ou cela, nous restons dans l'intellect, dans l'objetctif, dans le concept, dans la dualité. La question véritable est: que veux-tu Toi? Tu veux le bonheur intégral, n'est-ce pas? Alors veux-tu t'éprouver? Y a-t-il un moment où tu n'es pas? Même le sommeil ne nous permet pas de dire que nous ne sommes pas; même en l'absence du mental, du corps (grossier) et du monde, Toi, tu ne t'es pas absentée. Le Soi est ce que tu es, au-delà de toute particularité. Il ne veut rien, il est au-delà de tout désir, de toute peur, de tout manque, de tout.
Aussi n'y a-t-il aucun paradoxe, tout paradoxe ne pouvant exister que pour le "mental pensant", le moi, l'identification. Le paradoxe, et le conflit, sont même un mode inévitable du fonctionnement du mental car n'étant qu'une partie, il n'a pas accès à la globalité. Aussi a-t-il besoin sans cesse de conclusion, de savoir, de contrôler. Et tout ceci n'est qu'insatisfaction.
Concernant la vigilance, partons du principe qu'elle est l'inverse de la distraction. La distraction nous semble plus aisée, mais signe bien souvent l'insatisfaction dont nous parlions. A sa source se trouve une souffrance, un manque à combler ou un état à fuir. Aussi requiert-elle un effort, psychologique. La psychologie est toujours trop ceci ou pas assez cela, en conflit, en négociations, en recherche d'équlibre, d'apaisement, etc... Elle se déploie dans le temps, dans le passé ou le futur et ne peut être dans l'instant car dans l'instant il n'y a de place pour rien, sinon la plénitude, que la psychologie par elle-même ne saurait atteindre car elle n'est que manque, que projection. Voyant clairement ceci, nous donnons une chance à tout ce beau monde de stopper un instant sa course, de baigner dans notre présence bienveillante qui est pure vigilance et qui se déploie à l'infinie en même temps que le beau monde sus-cité réintègre en un instant le coeur, l'éternel ici et maintenant. Ainsi la vigilance n'est pas un effort, une activité mais notre nature même, notre Présence. Alors nous offrons la grâce au mental de ne plus avoir le besoin de savoir ou de conclure, ce qui lui ouvre la voie au silence,à la compréhension, à la clarté.
A bientôt Marie,
Amitiés
14 novembre 2009
SUR L'IGNORANCE, LA PENSEE, L'EVEIL...(réponse à Yves)
pourquoi
Bonjour monko
A chaque fois qu'une pensé apparaît je m'éloigne de ma véritable nature. Le fond s'identifie à la forme .
L'apparition d'un nuage voile la pureté du ciel ;
Toute intention pour comprendre le fonctionnement du concept corps mental, nous éloigne de notre nature véritable.
Est ce que tout ces commentaires qui sont pleins d'émotions nous permettrons de nous éveiller?
Il y a un élément déclencheur?
Ou peut être que le fond ce raconte une histoire sur ce qu'il n'est pas ?
Amitiés yves
Bonsoir Yves, s'éloigner de sa véritable nature, nous devons bien le comprendre, ne peut être qu'une impression ou un sentiment et non un fait. Le comprendre, même intellectuellement, ouvre déjà une perspective sur la réalité. Néanmoins, l'impression peut être présente "de ne pas y être". Première remarque: voir, même confusément, que nous n'y sommes pas est déjà plus ou moins confusément y être car ce n'est que du point de vue du vrai que le faux peut être démasqué. De la même manière, dire "je suis ignorant" est bien souvent une forme de prétention car le dire suppose que l'on sait et se place du point de vue de la connaissance. D'un point de vue extrême, l'ignorance est ignorante de son propre règne. Mais notre nature réelle étant connaissance, si notre intérêt est éveillé à toutes ces histoires, l'ignorance ne peut tarder à être démasquée. Mais voilà, l'impression est aussi un fait, et il faut creuser...
Parlons des pensées. En fait, bien souvent, nous ne sommes pas suffisamment intéressés, ou pas de la bonne manière (ou pas sous le bon angle) au phénomène de la pensée; nous ne faisons que la subir. Si nous croyons que la pensée peut poser problème, il convient naturellement de s'y intéresser de près et voir en quoi elle pose problème; car il peut arriver que simplement dire: "mais tu n'es pas la pensée, tu es ce en quoi etc, etc..." ne suffise pas, même si cette information est absolument essentielle et incontournable. Certains se sont éveillés à la simple fromulation de la vérité, mais c'est rare... Le problème avec la pensée est qu'elle n'est pas vue pour ce qu'elle est: un objet, un objet de perception, et nous avons tendance à nous impliquer psychologiquement dans l'histoire qu'elle nous raconte (et qui induit toute une suite de pensées, comme c'est le cas avec la rêverie par exemple), et ce parce que à priori, la pensée qui est liée au moi raconte quelque chose qui touche à notre histoire, quelque chose qui nous est proche. Perdus dans la pensée et dans l'histoire, notre horizon n'est rien d'autre que cette histoire, ce tissage ininterrompu de pensées que nous ne voyons même plus. Nous nous sommes pris pour le moi qui n'est qu'un élément de l'histoire qui apparaît "devant nos yeux", ce moi qui n'est rien de plus qu'une pensée. Et bien sûr, ne l'oublions pas, avec ce cortège de pensées et l'histoire qui va avec s'élève tout un monde sensoriel tout acquis à la cause de cette histoire, en unité pourrait-on dire, le corps renforçant le mental et inversement. Donc, intéresse-toi non pas à l'histoire qui se déploie dans le temps mais au phénomène-pensée, ici et maintenant, à l'instant même où elle apparaît. Alors elle est "objectivée", vue comme un objet, et, pourrait-on dire, mise à distance, c'est-à-dire que l'implication psychologico-sensorielle ne se manifeste plus. Ainsi objectivée, c'est-à-dire vue pour ce qu'elle est, elle devient un objet sans substance, dépourvue de toute charge émotionnelle, de toute charge personnelle. Et si elle semble parler de "notre" histoire, alors cette histoire elle-même est également objectivée, mise à distance, et vue comme étant sans substance, comme impersonnelle. Alors, dans cette claire vision de la globalité du phénomène qui n'est qu'un point dans la Conscience, la globalité tout court est présente : phénomène + présence au phénomène. Petit-à-petit, l'accent se place de plus en plus volontiers et naturellement sur la Présence jusqu'à ce que le phénomène n'en soit plus vu que comme un prolongement, une expression. Ainsi distance ne signifie plus séparation et l'unité se dévoile.
Comme tu le dis, toute intention nous éloigne de la totalité car toute intention naît d'un partie de l'être, et ne peut se tourner que vers un objet. La méditation serait une "intention sans intention", ou une "Attention sans intention" car il n'y a profondément rien à attendre ou à rechercher qui ne soit déjà là. Il y a une forme d'art; c'est même la forme la plus élevée d'art que de méditer sans méditer, de méditer sans méditant.
Le corps-mental est un concept tant qu'il demeure sous la forme d'une image. Sans pensée ou émotion, où est le mental? Sans sensation ou tension, où est le corps? Le mental et le corps sont en fait sans substance également, sans cesse mouvants, fluides. C'est la pensée qui les fige. Mais, revenus à leur nature mouvante, la pensée ou la sensation peuvent être l'occasion de pointer notre nature car ils en sont l'expression. Certaines voies spirituelles ont élevé l'art sensoriel très haut par exemple, d'autres voies sont plus intellectuelles et ont élevé l'art de la pensée. Mais bien sûr, sans le présentiment de notre liberté sous-jacente, ces arts sont creux comme une coquille vide. Sans le présentiment de notre nature réelle, la grâce leur est ôtée, et ces voies ne sont plus que de la gymnastique, corporelle ou intellectuelle...
Sur l'éveil: on dit beaucoup de choses à se propos. Il y a un adage zen merveilleux: "il faut arrêter de se faire des illusions sur l'éveil mais plutôt s'éveiller à ses illusions". Il y a au moins deux aspects sur l'éveil. Un est l'aspect phénoménal, temporel. A ce propos, Nisargadatta disait: "je me suis éveillé à ma véritable nature le 8 juin 1935 à 14h52* et je ne l'ai plus quittée depuis". Il y a un phénomène de compréhension, et certains en vivent plusieurs chaque jour, mais reviennent à chaque fois dans l'illusoire. Bien sûr, il faut voir qu'il n'est personne pour comprendre, mais que cet instant, cet instant de grâce totalement impersonnel, est un abandon subit dans notre nature réelle qui EST Compréhension. Aussi ce phénomène temporel pointe-t-il le non-phénoménal, l'éternité dont il est l'expression, et c'est le goût de l'éternel qui reste dans la bouche, à tout jamais. Et, alors fortement intéressés à tout cela et ayant reconnu le parfum du Soi, le dit parfum reviendra nous visiter encore et encore (car c'est dans sa nature de le faire) et nous acquérons l'art impersonnel de nous y abandonner, d'y goûter avec une joie sans borne, jusqu'à ce qu'il imprègne 20%; puis 30%, puis 50%, etc, de notre vie. Un jour peut-être 90 ou 100% de notre vie est le Soi même. Donc, la compréhension est subite, mais un mûrissement est nécessaire pour la plupart d'entre nous pour laisser le Soi nous imprégner totalement...
J'espère Yves avoir contribué à éclaircir certains points ou donner une perspective claire...
Amitiés.
* la date et l'heure sont évidemment farfelues, mais il a vraiment dit cela